To a poet a thousand years hence, James Elroy Flecker

En cherchant hier des fins du monde d’autrefois pour un prochain numéro du Novelliste, je suis tombé par hasard sur un poète anglais qui mourut prématurément en 1915, trentenaire, comme ce fut le cas à cette époque pour tant d’autres. James Elroy Flecker (1884-1915) n’eut pas le temps, dit-on, de donner la pleine mesure de son talent et aurait pu égaler Keats s’il n’en avait été empêché. Ce genre de pronostic à rebours est toujours hasardeux mais une chose est sûre, le poème qui sert aujourd’hui d’étendard à ce poète oublié est de toute beauté. Certes, l’émotion qui s’en dégage dira quelque chose aux amateurs de Villon et de sa ‘Ballade des pendus’, mais qu’importe puisqu’il faut plus d’une voix, et dans toutes les langues, pour chanter l’homme et le monde. Sans me risquer à davantage de glose inutile, je vous laisse donc le découvrir ci-dessous.

 

I who am dead a thousand years,
And wrote this sweet archaic song,
Send you my words for messengers
The way I shall not pass along.

I care not if you bridge the seas,
Or ride secure the cruel sky,
Or build consummate palaces
Of metal or of masonry.

But have you wine and music still,
And statues and a bright-eyed love,
And foolish thoughts of good and ill,
And prayers to them who sit above?

How shall we conquer? Like a wind
That falls at eve our fancies blow,
And old Maeonides the blind
Said it three thousand years ago.

O friend unseen, unborn, unknown,
Student of our sweet English tongue,
Read out my words at night, alone:
I was a poet, I was young.

Since I can never see your face,
And never shake you by the hand,
I send my soul through time and space
To greet you. You will understand.

 

Illustration : James Elroy Flecker à Cambridge, doc. Wikipedia.

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