Une page de prose de Georges Eekhoud

Je poursuis mon exploration des formes courtes du polygraphe belge d’expression française Georges Eekhoud (1854-1927). Après avoir dévoré toutes les kermesses (‘Kermesses’, ‘Nouvelles Kermesses’, ‘Dernières kermesses’), les textes éparpillés publiés de manière posthume (‘Proses plastiques’) ainsi qu’un autre, de jeunesse, singulier et fantastique (‘La danse macabre du pont de Lucerne’), après m’être délecté des délices fin de siècle et décadentes (‘Proses patibulaires’), me voici plongé dans le dernier volume qu’il me reste à découvrir (‘Mes communions’, le préféré, à juste titre, de Mirande Lucien, spécialiste et biographe de l’auteur) et dont la fin s’annonce bien trop proche à mon goût.

  Et là, cette nuit, entre deux nouvelles traitant de l’enfance malmenée sous des dehors bien différents (Le coq rouge et Des Angliers), voilà que les états d’âme d’une comtesse amoureuse font mes délices (La tentation de Minerve)… Elle est, la page qui suit, de celles devant lesquelles on tombe en arrêt, que l’on relit, […]

Les sociétés qui font notre admiration (mais auxquelles nous n’appartiendrons jamais)

7/7 Association pour le Sauvetage des Vieilles Personnes en Détresse dans le Trafic Londonien...

  On trouve, en ligne, très peu de renseignements sur ce dessinateur. À partir de sa signature d’artiste reproduite dans Punch ‒ A.T. Smith ‒, il m’a fallu pas mal d’obstination (et un peu de chance) pour reconstituer son nom complet : Alfred Talbot Smith. Sur cette base, on retrouve quelques originaux de dessins de presse […]

Les sociétés qui font notre admiration (mais auxquelles nous n’appartiendrons jamais)

4/7 Fondation pour le Souvenir des Faits Historiques Douloureux...

Les différents panonceaux, de haut en bas, de gauche à droite : Le 3e gâteau de mariage du roi Henry VIII fut confectionné dans l’échoppe qui se trouvait en face en l’an de grâce 1536 Le Dr Samuel Johnson s’est fait arracher une dent (sans anesthésie) dans cette maison en l’an de grâce 1741 Voici l’endroit […]

De l’importance des ours d’art et de leurs chansons d’hiver

La place qu’occupe la musique dans la vie de chacun est un bon marqueur de l’attention que l’on porte à soi-même et à ses besoins, ou a contrario, du sacrifice que l’on fait de ceux-ci au profit d’impératifs présumés supérieurs. À l’adolescence, elle est le support indispensable de l’affirmation de soi, de l’identification à un groupe, et l’on en écoute d’autant plus qu’il y a tant à découvrir, et tant à aimer. Jeune adulte, on a fait ses choix et l’éventail se restreint avec des goûts musicaux plus affirmés et plus sélectifs ; ils le sont d’autant plus que par nécessité, parce que la vie va et qu’il faut bien suivre, le temps consacré aux loisirs ne peut que se restreindre. Inutile d’appuyer là où ça fait mal, je vous fais grâce des stades suivants mais in fine le constat est immuable : là où l’on pouvait écouter trois ou quatre disques par jour en nos jeunes années, on n’en écoute plus vraiment que trois ou quatre par mois lorsque l’on s'est chargé d’ans et de responsabilités. Lamentable constat.

  Il l’est d’autant plus, lamentable, que l’addiction musicale est sans autre danger qu’un profitable divertissement chronophage, et qu’en outre elle peut faire office de respiration aussi importante et vitale que celle qui nous fournit l’oxygène, quand l’air que nous respirons est chargé d’autre chose que de gaz d’échappement et de particules fines. Autant dire […]

Kokkerjo, prose plastique de Georges Eekhoud

L’ours s’en va danser ailleurs. Il reviendra hanter cet antre au printemps officiel et vous laisse en attendant, comme de coutume, un peu de lecture. Après l’ambiance quasi-kafkaïenne du ‘Moulin-horloge’, après le supplice presque sulpicien d’un condamné à mort que n’aurait pas renié Genet (‘Tante Marie’), terminons cette incursion dans les formes courtes de cet écrivain belge par une facette plus riante ‒ et même truculente ‒ de son talent. Ce texte, pas véritablement une fiction ni tout à fait un article, ressuscite pour conjurer le melon que pourrait prendre l’artiste immortalisé dans le cadastre de son vivant une vieille tradition de l’art flamand : la provocation excrémentielle. Le musée de Flandre, qui expose en bonne place le superbe chieur reproduit dans le corps du texte, commente à juste titre sur son site : « Ces saynètes peuvent paraître d’un humour déplacé, légèrement cru et manquant de finesse. Mais les images cachent le sens et la symbolique des mots. En effet, cette thématique recèle une subtilité. Dans la culture flamande, l’expression : ‘Uit schijten’ c’est-à-dire : ‘action de fienter’ signifie également : ‘railler’. Nous abordons ici une dimension moralisatrice, le chieur est non seulement un moyen de se moquer de la nature humaine mais il permet aussi de replacer l’Homme à sa juste place : nous sommes tous égaux, de passage sur terre. »

  Helmet ! Un coin de Schaerbeek, mon vieux faubourg laitier et maraîcher (1), en passe de devenir la plus urbaine des cités. Ces lieux présentèrent longtemps une zone excentrique, à la fois fruste et vivace, un capricieux entrecroisement de ve­nelles savoureuses, réunissant tous les spécifismes de la banlieue flamande de Bruxelles, telles qu’on ne les […]