Des nouvelles d’Ol’Chap 2, La machine récalcitrante

Un contretemps technique m’oblige à repousser une fois de plus la sortie d’Ol’Chap 2 consacré à Adeline Knapp avec un recueil de huit de ses nouvelles inédites en français intitulé ‘La machine récalcitrante’. Le plus gros du travail est à présent achevé, si bien que les abonnés et ceux qui l’ont réservé peuvent raisonnablement espérer l’avoir dans leur boîte aux lettres à la rentrée, disons fin septembre.

  Les huit nouvelles sont traduites, mises en pages, relues, corrigées. L’Avant-propos et le Parcours biobibliographique (appelez-le Postface si vous voulez, en tout cas il sera assez long, vous voilà prévenus) le sont aussi. Nous n’avons donc jamais été aussi près de voir ce projet (enfin) se concrétiser. La bonne nouvelle, c’est que ce retard […]

Kallocaïne, ce sont ses lecteurs qui en parlent le mieux

Entre les intentions qui conduisent un traducteur à faire des choix (car la traduction est principalement une affaire de choix), et leur réception par le lecteur qui ne les perçoit pas toujours ou ne prend pas la peine de le signaler, il y a un gouffre. Et lorsque par exception ce gouffre est comblé grâce à une lectrice qui prend la peine d’exprimer son ressenti non seulement sur sa lecture mais aussi sur les intentions du traducteur, en le remerciant, le traducteur fier comme un pou s’empresse de relayer la bonne nouvelle sur son blog. Merci Sophie !

  Dans la veine des autres romans dystopiques classiques de la première moitié du XXème siècle, on est dans un monde où l’Etat Mondial a un œil et une oreille partout, jusque dans les chambres. Un monde où on évite de parler quand on se trouve dans un endroit où les micros ne captent pas […]

Kallocaïne redux (suite)

Reçu aujourd’hui un exemplaire du cinquième tirage de ‘Kallocaïne’, avec une quatrième de couverture remaniée. Au dixième, c’est promis, j’arrête de compter… Pour fêter ça, cadeau, une des scènes capitales du roman

  À l’issue d’un interrogatoire particulièrement éprouvant – le premier jour, qui plus est, juste avant la pause de midi –, celui d’un vieil homme qui délirait à propos d’envies de meurtre, bien qu’il n’en eût jamais commis et n’en commettrait probablement jamais, je ne pus m’empêcher de laisser libre cours à mon désarroi. En me tournant […]

Pensées centenaires de Karin Boye (4)

Un siècle jour pour jour après leur rédaction, traduction des notes rassemblées par la toute jeune Karin Boye dans son « recueil de pensées ».

  Hier, 12 juin 1917, Karin Boye notait dans son cahier : La nature ressemble à un miroir. L’humeur qu’elle nous inspire n’est qu’un reflet de notre état d’esprit. Une âme pacifique trouvera la paix dans la tempête aussi. À l’esprit anxieux, les bruits vespéraux les plus doux seront lourds de menaces. Et qui n’aime pas […]

Kallocaïne en tirage limité hard-cover hors commerce

C’est un chouette volume relié sous jaquette quadri pelliculée, tiré à une soixantaine d’exemplaires. Vous ne le trouverez nulle part en librairie, car l’éditeur en a fait un tirage limité hors commerce destiné à récompenser les souscripteurs d’une de ses opérations promotionnelles. Outre le contenu intégral de l’édition courante, on y trouve la traduction inédite d’un article de Karin Boye intitulé ‘Les grands livres de mon enfance’ et un portrait photographique de l’auteur. Venir vous le présenter ici n’est pas pur sadisme de ma part. Je tenais simplement à ce qu’il en reste une trace quelque part, mais également à partager avec vous un extrait du bonus qui ne reparaîtra sans doute pas ailleurs avant plusieurs années.

  Min barndoms roliga böcker (Les grands livres de mon enfance) est un texte autobiographique écrit par Karin Boye au cours du premier semestre 1921 (elle avait donc vingt et un ans et n’avait pas encore publié son premier recueil de poèmes, Moln, qui ne devait paraître qu’un an plus tard). Il a connu une […]

Pensées centenaires de Karin Boye (3)

Un siècle jour pour jour après leur rédaction, traduction des notes rassemblées par la toute jeune Karin Boye dans son « recueil de pensées ».

  Hier, 7 juin 1917, Karin Boye notait dans son cahier : Une confiance mutuelle sans réserve est la condition sine qua non d’un échange fructueux. Pour que celui-ci ait la moindre utilité, il faudrait que les deux parties ressentent spirituellement l’impression de se serrer la main. À défaut d’une telle entente, la compréhension s’amoindrit, entravée […]

Jack London, l’homme qui savait parler aux éditeurs

Ce n’est pas que je veuille donner le mauvais exemple aux auteurs ayant gentiment accepté d’essuyer les plâtres du premier numéro du Novelliste (ni à ceux qui, je l’espère, les imiteront bientôt), mais la chose me fait trop rire pour que je la garde dans un coin de mon disque dur.

  « Et cette nouvelle que nous annoncions dans le numéro d’automne ? » s’inquiète l’associate editor du Century, dans une lettre adressée à Jack London le premier mars 1905. « Nous travaillons à présent sur les numéros de l’été et souhaiterions disposer d’une histoire, de quatre à cinq mille mots de préférence, dans votre meilleur style. Auriez-vous l’amabilité […]

Le Novelliste : au sommaire du premier numéro

L’acte de naissance du Novelliste ayant soulevé plus d’intérêt et de réactions que ne l’avait prévu son initiateur, les choses sont allées très vite. Dans le respect des intentions originelles, l’identité autant que les moyens et les ambitions de cette nouvelle publication se précisent. Revue ? Magazine ? Anthologie permanente ? Le sujet n’est pas encore tranché, mais d’ores et déjà le contenu du premier numéro est arrêté. Revue de détail ci-dessous.

  Comme annoncé ici-même, Le Novelliste se consacrera essentiellement à la publication de nouvelles, pour moitié écrites par des écrivains d’aujourd’hui, et pour l’autre moitié par des auteurs (principalement anglo-saxons mais pas que) représentatifs de « l’âge d’or des conteurs ». Sur le même principe (moitié hier, moitié aujourd’hui), on trouvera également dans le Novelliste des articles, […]

Pensées centenaires de Karin Boye (2)

Un siècle jour pour jour après leur rédaction, traduction des notes rassemblées par la toute jeune Karin Boye dans son « recueil de pensées ».

  Aujourd’hui, 8 mai 1917, Karin Boye écrit dans son cahier : Chacun devrait passer quotidiennement un instant à se recueillir. Que l’on croie en Dieu ou pas, qu’on espère en une vie après la mort ou non, cela importe peu. Il suffit de faire la paix en soi-même, d’écarter toute autre pensée pour ne laisser […]

La Civito de la Nebuloj (La Cité des Brumes), Sylvain-René de la Verdière

Étrange et fort beau petit opus, par la forme comme sur le fond, que se réjouira de lire tout amateur de littérature de traverse et que s’honorera de posséder toute bibliothèque explorant les sentiers non battus. L’ours danseur, qui a beaucoup aimé, n'hésite pas à vous le recommander chaudement. Le tirage étant limité à quarante exemplaires, il ne saurait être question de tergiverser…

  Il existe une cité à laquelle on n’accède que par le chemin des songes. C’est elle, la belle et effrayante Titanide, qu’en ces pages rares mais denses l’auteur nous invite à explorer. Aux touches littéraires réduites à l’essentiel mais qui toujours font mouche – en espéranto comme dans la langue de Molière – répondent […]