Les sociétés qui font notre admiration (mais auxquelles nous n’appartiendrons jamais)

7/7 Association pour le Sauvetage des Vieilles Personnes en Détresse dans le Trafic Londonien...

 

On trouve, en ligne, très peu de renseignements sur ce dessinateur. À partir de sa signature d’artiste reproduite dans Punch ‒ A.T. Smith ‒, il m’a fallu pas mal d’obstination (et un peu de chance) pour reconstituer son nom complet : Alfred Talbot Smith. Sur cette base, on retrouve quelques originaux de dessins de presse mis en vente à vil prix sur différents sites spécialisés anglo-saxons, et c’est sur l’un d’eux que je suis tombé sur les renseignements qui suivent.

« Le major Alfred Talbot Smith (1876-1968) était le fils de Frederick Burgess Smith, un commerçant, qui épousa Marion Long, avec qui il eut trois fils et une fille. C’est à Canton, en Chine, qu’il est né, et après avoir fait ses études à la Whitgift School, en Angleterre, il a étudié l’art à Corydon et combattu lors de la première guerre mondiale. Alfred Talbot Smith s’était spécialisé dans la production de dessins humoristiques pour Punch, The Humorist, London Opinion, Passing Show. Il a également produit de nombreuses illustrations pour des livres et des magazines. Il était membre du Press Club et avait le tir à la carabine pour hobby favori. »

Qu’il n’ait apparemment pas été également peintre peut expliquer le fait qu’il soit si difficile de trouver des informations à son sujet, et que son art ne soit pas davantage prisé (ses originaux, pourtant de toute beauté, se vendent entre soixante et cent soixante dollars). J’ai quant à moi eu l’œil immédiatement attiré par la modernité et le côté incisif de son trait, par le dynamisme de ses compositions, et par le caractère tendre et bon enfant de son humour teinté d’un chouïa de loufoquerie ­‒ ce dont la série de sept dessins reproduits ces derniers jours offre à mon avis un bon exemple. Dans une revue (Punch) qui était réputée pour avoir la dent dure et n’épargner rien ni personne (fût-ce au risque de dérapages xénophobes : « Connaissez-vous le chaînon manquant entre le chimpanzé et le nègre ? L’Irlandais ! » Ouarf, ouarf, qu’est-ce qu’on se bidonne… On ignore s’il y eut à l’époque des défenseurs de ce genre d’humour pour accuser ceux qui s’en offusquaient d’être imperméables au second degré), ses dessins font partie de ceux qui, je trouve, ont le mieux vieilli.

Source : 1 ‒ Punch, the London Charivari, 22 décembre 1909, p. 437. 2 ‒ Original d’un dessin pour The Humorist, 24 avril 1937. 3 ‒ Original d’une illustration pour : « Homeward from the Glimpse of Green » from Charles Dickens’ « Miscellaneous Papers ».

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