Les drôles de manières de M. RAAP

Il semble que l’on s’intéresse à ce renouvellement pourtant pas très glamour du CA du RAAP. C’est une bonne nouvelle, qui ne peut que réjouir tous ceux qui ont été outrés, l’année dernière, par les manières de monsieur RAAP, décidé à imposer envers et contre tous sa fameuse « réforme » à 8 %. Simultanément, un certain nombre de questions se posent sur le scrutin et la manière dont il est orchestré. De bonnes questions, qui appellent quelques réponses.

 

Pourquoi seulement 4 noms pour 4 postes à pourvoir ?
On ne peut faire porter à M. RAAP tous les péchés du monde. S’il n’y a que quatre candidats dans le collège « écrivains et traducteurs littéraires », c’est avant tout parce qu’il y a eu un déficit de candidatures dans nos rangs. Certes, pour être validés par M. RAAP, les candidat-es devaient satisfaire (en plus d’un casier judiciaire vierge) à un certain nombre de conditions dont on peut mettre en doute la pertinence. Par exemple, pouvait poser sa candidature tout-e affilié-e à jour de ses cotisations pour l’année 2016 et justifiant d’au moins cinq cotisations annuelles au RAAP durant toute sa carrière. Mais au nom de quoi peut-on justifier (à part l’application tatillonne d’un règlement) qu’un-e auteur-e ayant bénéficié d’une exemption en 2016 (et n’ayant donc pas cotisé cette année-là pour insuffisance de revenus) soit écarté-e a priori du scrutin ? Ces affilié-es, qui pourront fort bien cotiser l’année suivante et toutes celles d’après, n’ont-ils pas autant leur mot à dire sur l’avenir de leur régime de retraite complémentaire que tous les autres ? Il est aussi apparu que certaines candidatures ont été écartées par M. RAAP à cause de retards dans le paiement des cotisations remontant parfois à plusieurs années… M. RAAP a bonne mémoire, et la vindicte tenace. Et lui ne doit pas avoir de difficultés à boucler les fins de mois.

Mais où sont donc passées les professions de foi ?
Ne les cherchez pas (et ne les attendez pas plus au prochain courrier) elles n’existent pas, tout simplement parce que M. RAAP a décidé qu’elles n’étaient pas nécessaires. Cela m’a été confirmé par mail lorsque j’ai demandé comment se déroulerait le processus électoral après validation des candidatures. « Nous vous recontacterons à partir du 17 octobre pour la suite des opérations qui consisteront, en synthèse, à l’envoi aux votants de chaque collège du matériel de vote. » M. RAAP, après avoir écarté la possibilité que les candidat-es puissent se réclamer d’une organisation syndicale ou professionnelle quelconque (encore que la règle soit différente pour le RACD, régime des auteurs de l’audiovisuel affilié à l’IRCEC) décide « conformément au protocole électoral » que les votant-es devront se contenter pour éclairer leur choix des informations mentionnées sur le bulletin de vote : « (liste exhaustive) : civilité du candidat (Madame, Monsieur), nom, prénom, pseudonyme (le cas échéant), numéro de département de résidence, qualification professionnelle actuelle. » (Courrier de validation de candidature avec accusé de réception du 18 octobre 2017). En revanche, M. RAAP n’a pas oublié de se rappeler quant à lui au bon souvenir des votant-es en leur faisant parvenir, trois jours avant la réception du « matériel électoral », un dépliant couleurs sur papier glacé vantant sous couvert d’information aux adhérents les mérites auto-proclamés de l’actuelle direction. M. RAAP nous prendrait-il pour des cons ?

Et les enveloppes T ? Elles sont où les enveloppes T pour renvoyer le bulletin ?
Il n’y en a pas plus que de professions de foi. M. RAAP vous l’explique clairement au verso de la carte de vote, à grand renfort de petits dessins. Une fois remplie (pas plus de choix que de postes à pourvoir par collège, en cochant proprement ou en noircissant la case mais sans déborder !), la carte T doit être découpée et déposée telle quelle dans la plus proche boîte de La Poste. Le hic, c’est qu’il est bien indiqué que sera considéré comme nul « tout bulletin raturé, déchiré ou comportant une inscription ou un signe distinctif quelconque ». Ce qui se passe entre le moment où vous déposez votre bulletin et celui où il sera comptabilisé sous contrôle d’huissier, vous n’êtes pas censé-e vous en occuper. Faites donc confiance à M. RAAP… Tout est sous contrôle ! Il faudrait vraiment avoir l’esprit mal tourné pour imaginer que les bulletins acheminés dans ces conditions pour le moins rudimentaires puissent être au passage déchirés, raturés ou maculés, volontairement ou non.

Dans ces conditions, puis-je mettre mon bulletin sous enveloppe timbrée et le poster ?
M. RAAP étant seul maître de son interprétation du règlement et du protocole électoral, ce n’est pas recommandé si vous tenez à ce que votre voix soit comptabilisée. Photocopier ou scanner sa carte de vote recto-verso avant de la poster peut être en revanche une précaution utile.

 

Voilà pour quelques réponses aux principales questions que pose l’organisation de ce vote. Si vous avez besoin d’informations complémentaires, il vous est toujours possible de faire directement appel à M. RAAP, mais j’ai cru comprendre qu’il est assez injoignable ces temps-ci. À défaut, vos organisations syndicales et professionnelles seront toujours disposées à vous renseigner ‒ et l’on n’exigera pas de vous que vous ayez cotisé en 2016…

Pour le Syndicat des Écrivains de Langue Française, c’est ici qu’il faut s’adresser :
contact@self-syndicat.fr

 

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