Le point sur la sortie du premier numéro du Novelliste

L’ours danseur serait-il entré en hibernation précoce ? Ceux que la question intéresse se la posent peut-être en ne voyant plus les pages de ce blog régulièrement alimentées. La réponse est non. L’ours n’hiberne pas et n’est pas près de le faire cette année. Il bosse, et quasiment tout ce que son gagne-pain lui laisse de temps libre passe à la concrétisation de cette utopie un peu folle : la création d’une nouvelle revue. Le premier numéro du Novelliste, encore en chantier, n’a cependant jamais été aussi près de voir le jour. Revue de détail ci-dessous.

 

Périodicité ?
C’est décidé, Le Novelliste sera semestriel et paraîtra chaque année aux jolis mois de mai et novembre. La parution d’un roman à suivre imposait en effet une périodicité suffisamment rapprochée pour que les lecteurs ne désespèrent pas d’en connaître un jour la fin. D’autre part, une parution plus rapprochée était inenvisageable (deux numéros par an représentent déjà une masse conséquente de travail pour une équipe… réduite au minimum).

Ainsi, Hartmann l’anarchiste (1894) de E. Douglas Fawcett sera disponible sur une période d’un an, en trois livraisons : novembre 2017, mai 2018 et novembre 2018, numéros 1, 2 et 3.

Précisons par ailleurs aux lecteurs intéressés que le financement de ces trois numéros est d’ores et déjà assuré (merci Karin Boye et Kallocaïne) quelles que soient les ventes. La suite dépendra de l’accueil réservé au Novelliste, mais les trois numéros de lancement paraîtront, j’en prends l’engagement.

Numérique et/ou papier ?
Papier, et uniquement papier, la dimension « objet » de la chose étant fondamentale. Les gros progrès du « print on demand » permettent de réaliser à faible coût de petites quantités d’ouvrages d’une qualité équivalente à l’impression traditionnelle et facilitent les retirages éventuels.

Format ? Pagination ? Caractéristiques ?
17 x 24 cm à la française (vertical) est un format traditionnel pour une revue depuis des temps reculés. Il n’y avait aucune raison d’en adopter un autre. Chaque numéro fera 208 pages. La couverture sera imprimée en couleurs et les pages intérieures le seront en noir seul.

Tirage ?
Le premier numéro, ballon d’essai, sera tiré à 150 exemplaires.

Prix ?
Ce sera 12 euros pour chacun des trois premiers numéros. Ensuite, si la publication continue, ce prix sera augmenté ou maintenu en fonction du bilan tiré de la période d’essai.

Distribution ?
Small is beautiful, telle est la philosophie du Novelliste. Vous ne trouverez pas ici de projet grandiose ou d’ambition mégalo de passer à un hebdomadaire tiré à 150 000 exemplaires disponibles en kiosque et en librairie. Il faut être fou pour se lancer dans la création d’une nouvelle revue, mais je ne le suis pas au point d’imaginer que cette publication puisse intéresser plus qu’un public réduit d’amateurs et de passionnés (au sens noble de ces deux termes).

Do it yourself, est une autre conviction qui m’est chère. Le Novelliste sera donc disponible sur un site dédié hébergé par le portail redux.online où l’on pourra passer commande en ligne en toute sécurité (grâce à Paypal, que l’on dispose ou non d’un compte). Il sera également possible de commander, si l’on est réfractaire à Paypal, par mail ou courrier (la confiance doit régner entre nous : paiement à réception).

Tout cela sera rendu possible grâce à l’apport de compétence, de savoir-faire et d’énergie inappréciable de mon camarade Frédéric Serva, grand professionnel et ami fidèle. Il a bien voulu se joindre à cette aventure un peu folle, ce dont je ne le remercierai jamais assez, et assurera, outre le rôle de webmaster, celui de concepteur graphique du site, de la couverture et du logo, de la maquette intérieure, ainsi que la mise en pages (excusez du peu). [Fred, you’re the best !]

Contenu ?
Le Novelliste s’intéresse au passé mais se veut résolument une revue d’aujourd’hui, par le contenu aussi bien que par le contenant. Le fait d’associer des auteurs représentatifs de « L’âge d’or des conteurs » à des auteurs contemporains n’est pas un gadget. La nouvelle (et plus généralement l’art de la fiction) a des racines et continue de produire des fruits, mais si les modes, les styles, les thèmes semblent de prime abord grandement différer, un même esprit rassemble ces auteurs qu’un siècle sépare : l’inépuisable volonté de raconter une histoire qui embarque le lecteur et qui, par la magie du « sense of wonder », le transporte le temps d’une lecture dans un ailleurs.

Le Novelliste n’est donc pas une revue spécialisée, ni une revue savante visant à l’étude d’un pan oublié de la littérature populaire. C’est une revue généraliste de patrimoine et de création dont les sommaires s’équilibreront en trois tiers : nouvelles anciennes indisponibles ou/et non traduites, nouvelles contemporaines inédites, articles anciens et contemporains. L’aspect iconographique est également important, puisque les artistes illustrant les nouvelles d’aujourd’hui (du beau monde dans le numéro un) voisineront avec ceux à qui l’on doit les gravures souvent superbes issues des publications d’autrefois.

Tous les genres trouveront leur place dans Le Novelliste, à l’image de ce qu’il sera possible de lire dans le premier numéro : Scientifiction (Fawcett), Fantastique (Nesbit), Policier (Green), Fantaisie – aux deux sens du terme (Griffith), mainstream ou mélo et drame social et/ou sentimental (Pouvillon). Les articles traiteront principalement de technique littéraire (Comment écrire une nouvelle ? de Robert Barr, dans ce numéro), de faits historiques liés aux romans à suivre (Visite au musée des dynamiteurs), ou de thèmes relatifs à l’archéobibliographie (‘Le Vengeur’, de la gloire au déshonneur). Il y aura également deux rubriques régulières, l’une consacrée à un artiste et mêlant un article de présentation générale à un portfolio (À quoi bon les lire ? de Lewis Baumer), l’autre destinée à mettre en valeur le travail d’un dépoussiéreur ou d’une dépoussiéreuse des littératures populaires d’autrefois (Jean-Daniel Brèque et la collection Baskerville).

Pour ce qui est des nouvelles contemporaines, même éclectisme : tous les genres sans exclusive sont acceptés du moment qu’il s’agit de raconter une histoire, quelle que soit la façon dont celle-ci l’est. Le texte doit respecter les contraintes et caractéristiques de la forme courte (de 1 000 signes à 80 000 signes environ), et les débutants sont non seulement acceptés mais encouragés à envoyer leurs textes, car Le Novelliste a également l’ambition folle de contribuer à faire émerger de nouveaux talents. Vous n’êtes pas assurés de placer une nouvelle, mais vous êtes sûrs d’être lus et d’obtenir une réponse dans un délai raisonnable (voire même quelques conseils, si vous êtes prêts à les entendre et si le texte peut être amélioré). Envoi par mail à l’adresse : leo.dhayer@laposte.net

Sommaire ?
Pas de débutants, cependant, au sommaire de ce premier numéro, rien que des talents confirmés, que je remercie d’avoir bien voulu essuyer les plâtres et de m’avoir fourni des textes si variés et de si grande qualité (pour les conteurs issus de « l’âge d’or », cela va sans dire). Par ordre d’apparition :

  • De cuivre et d’ambre, de Dominique Warfa, sera illustré par Christine Luce.
  • Une année de génie, de George Griffith, sera illustré par A. Kemp-Tebby et traduit par Leo Dhayer.
  • ‘Le Vengeur’, de la gloire au déshonneur, de Lionel Évrard, avec illustrations d’époque.
  • Les enfants de bohème, de Christine Luce, sera illustré par Thierry Cardinet.
  • Hartmann l’anarchiste (1/3), de E. Douglas Fawcett, sera illustré par Fred T. Jane et traduit par Leo Dhayer.
  • Une visite au musée des dynamiteurs, Anonyme, avec illustrations d’époque, traduction de Roland Vilére.
  • L’enfilade, de Bruno Pochesci, sera illustré par le baron Toto Pissaco.
  • Plus noir que l’enfer, d’Edith Nesbit, sera illustré par Arthur Watts et traduit par Nellie d’Arvor.
  • À quoi bon les lire ? de Lewis Baumer, série dessinée en six planches avec un commentaire de Leo Dhayer.
  • Le chien, d’Yves Letort, sera illustré par Céline Brun-Picard.
  • L’indice intangible, d’A.K. Green, sera illustré par Luc et traduit par Jean-Daniel Brèque.
  • « Les bonnes histoires restent et on les redécouvre tôt ou tard », interview de Jean-Daniel Brèque à propos de la collection Baskerville, par Roland Vilére, illustrée par George Henry Grenville Manton.
  • L’arrhénotoque, de Sylvain-René de la Verdière, illustré par une carte postale d’époque.
  • Dans les feuilles, d’Émile Pouvillon, illustré par une gravure d’époque tirée d’un tableau de Knauss.
  • Comment écrire une nouvelle ? de Robert Barr, traduit par Jean-Daniel Brèque, illustré par un portrait de l’auteur dû à James Abbott McNeill Whistler.
  • Présentation bio-bibliographique des auteurs et des artistes de ce numéro.

Voilà pour ce premier sommaire. D’autres belles choses sont déjà acceptées pour les deux numéros suivants ou en phase d’écriture. Merci à leurs auteurs de faire confiance à cette nouvelle publication, qui n’attendra plus à sa sortie, en novembre, qu’un public de lecteurs suffisant pour continuer d’exister au-delà du troisième numéro, car ce ne sont pas les projets qui manquent pour remplir les suivants, loin s’en faut !

En attendant, l’ours vous souhaite bien le bonjour et retourne turbiner dans son antre…

 

Illustration : The modern editor and his boss, The Picture Magazine, 1893. Gentiment fourni par Christine Luce (merci !), dessin d’époque plus vrai que nature représentant le revuiste soumis à mille pressions…

6 commentaires sur “Le point sur la sortie du premier numéro du Novelliste

      1. Ce n’est pas moi, c’est Nellie d’Arvor qui s’est encore trompée. Pas très fiable, celle-là… Tu veux que je corrige ?

  1. Tout de suite Nellie ! Tu es sûr que ce n’est pas Roland Vilére, plutôt ? ^^ Mais oui, il est hors de question que l’on puisse nous confondre, question d’éthique. 😉

    1. Chouette, un client ! 🙂
      (En tant que Flatlander émérite, dommage que tu sois déjà sur la liste des SP, Fred. Tu n’auras qu’à l’offrir à quelqu’un…^^)

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