Kallocaïne, ce sont ses lecteurs qui en parlent le mieux

Entre les intentions qui conduisent un traducteur à faire des choix (car la traduction est principalement une affaire de choix), et leur réception par le lecteur qui ne les perçoit pas toujours ou ne prend pas la peine de le signaler, il y a un gouffre. Et lorsque par exception ce gouffre est comblé grâce à une lectrice qui prend la peine d’exprimer son ressenti non seulement sur sa lecture mais aussi sur les intentions du traducteur, en le remerciant, le traducteur fier comme un pou s’empresse de relayer la bonne nouvelle sur son blog. Merci Sophie !

 

Dans la veine des autres romans dystopiques classiques de la première moitié du XXème siècle, on est dans un monde où l’Etat Mondial a un œil et une oreille partout, jusque dans les chambres. Un monde où on évite de parler quand on se trouve dans un endroit où les micros ne captent pas de peur d’être accusé de complot, de trahison.

J’ai été agréablement surprise par le style d’écriture. J’avais peur d’un roman vieillot, ou du moins qui aurait mal vieilli. Mais non, le style est fluide et contemporain (merci au traducteur, je pense), et l’intrigue est toujours autant d’actualité.

On peut bien sûr, vu la date de rédaction, y voir une critique du régime de l’URSS, mais on peut aussi y trouver des résonances avec notre quotidien. Avec ces webcams qui se déclenchent seules, avec tous les travaux de recherche sur le cerveau humain.

On est plongé dans la tête de Léo Kall, chimiste créateur d’un sérum de vérité, qu’il a nommé Kallocaïne. Une drogue qui, il l’espère, améliorera la vie dans la société en repérant les ennemis de l’Etat Mondial, et du coup peut-être même en évitant des guerres.

Cette rédaction à la première personne est totalement immersive, et permet, je trouve, de mieux comprendre pourquoi Léo est si fier de son invention, qui est pourtant d’une violence inouïe pour les personnes qui en sont « victimes ».

Ce roman pourrait paraître un peu simpliste à un lecteur qui ne connaîtrait pas sa date de rédaction. En effet, il s’agit d’une des premières dystopies, et nous croulons ces dernières années sur des sagas du genre dans une escalade de rebondissements pour se démarquer de l’énorme production. Kallocaïne est un roman toujours actuel, et facile d’accès je trouve, pour débuter avec le genre de la dystopie.

Je lui ai mis 18/20.

 

Pour retrouver Les lectures de sophie, c’est ici.

 

2 commentaires sur “Kallocaïne, ce sont ses lecteurs qui en parlent le mieux

  1. Merci beaucoup d’avoir repris mon avis ici. De mon point de vue, le travail du traducteur est crucial pour que le lecteur puisse recevoir un texte dans de bonnes conditions. Je trouvais tout à fait naturel de souligner la qualité de votre travail, et profite de mon passage ici pour vous remercier de m’avoir permis découvrir ce si beau texte de si belle manière.

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