Contre la mort et l’oubli, un rêve d’Arnyvelde

Rêvé d’Arny cette nuit. Il fallait bien que cela arrive, et d’une certaine manière, il est même étonnant que je ne l’aie pas fait plus tôt. Sans doute le fruit d’une longue maturation. Plus que le souvenir d’épisodes oniriques précis, il m’en reste ce matin une impression générale très vive, ainsi que quelques certitudes là où auparavant n’existaient que doutes, questionnements et interrogations. Couchons vite, alors que le monde est encore endormi et que le vent qui gémit sur la campagne normande semble m’en souffler à l’oreille les quelques phrases cahotantes et lapidaires, ces pauvres restes sur le papier virtuel avant que le jour ne les disperse.

  Dans un demi-sommeil qui semblait ne pas vouloir s’assumer comme tel, j’ai revécu les espoirs fébriles du post-ado qui couvrait de milliers de vers des pages éparses, se rêvant en homme de lettres et redoutant de ne pouvoir convaincre de sa vocation le brave père soucieux qui voulait faire de lui un homme de […]

Antipericatametanaparbeugedamphicribrationes merdicantium

Puisqu’il était question l’autre soir de la magie des titres d’une bibliographie accolés les uns derrière les autres (dans la nécro de Georgie, suivez un peu), en voici une qui m’a ravi dès que j’en ai pris connaissance et que je ne me lasse pas de recaser ici ou là (au grand dam de celles et ceux qui commettent l’erreur de me suivre d’un peu trop près). Au chapitre des bibliothèques imaginaires, on peut dire que le père Rabelais se posait un peu là...

  « Bigua Salutis. Bragueta Juris. Pantofla Decretorum. Malogranatum Vitiorum. Le Peloton de Theologie. Le Vistempenard des Prescheurs, composé par Turelupin. Le Couillebarine des Preux. Les Hanebanes des Evesques. Marmotretus de Baboinis et Cingis, cum commento d’Orbellis. Decretum Universitatis Parisiensis super gorgiasitate muliercularum ad placitum. L’Apparition de saincte Geltrude à une nonnain de Poissy estant en […]

Mille dollars par jour ! par Adeline Knapp, 1893

Une nouvelle chaque mois, ça vous dit ? En prélude et en bonus au numéro deux d’OL’CHAP qui se fait attendre, je suis heureux de pouvoir initier cette formule avec Adeline Knapp, pour la première fois traduite en français avec ce texte. À une question que bien peu se posent ‒ ‘Que vaut l’argent ?’ ‒, l’auteure a le mérite de répondre sans ambiguïté ‒ ‘Rien du tout !’ ‒, non sans une certaine finesse et avec une implacable logique. Il va sans dire que bien plus qu’une contribution au débat actuel sur le revenu universel (ce qui n’aurait aucun sens étant donné la date de publication), cette nouvelle nous invite à faire un pas de côté en réfléchissant à ce que pourrait être un monde débarrassé de ce tyran de papier, le fric roi, pour peu que nous le voulions. Et pour une présentation plus poussée d’Adeline Knapp et de son œuvre, rendez-vous dans ‘La machine récalcitrante et autres fables sociales’, son recueil de nouvelles à paraître en OL’CHAP fin février.

  « Ce dont nous avons besoin, lança l’orateur du mouvement contre la pauvreté, c’est d’une répartition équitable des richesses. Le maudit rentier, l’aristocrate aux mains blanches, le politicien spoliateur du bon peuple – tous doivent s’effacer ! Nous voulons un partage de l’argent et des fruits de la terre qui fera de chaque homme un être […]

OL’CHAP 2, La machine récalcitrante, Adeline Knapp

Adeline Knapp (1860-1909), journaliste, activiste et romancière américaine, n’est restée dans les mémoires que pour de mauvaises raisons (sa liaison orageuse avec la militante féministe Charlotte Perkins Gilman, notamment) et n’a jamais été traduite dans notre langue. C’est ce manque que se propose de réparer ce numéro d’OL’CHAP, en mettant à la disposition des lecteurs français quelques-unes des nouvelles représentatives de sa première manière : sociale, revendicative et réformatrice. Loin de se cantonner à la littérature engagée, la dame avait bien d’autres facettes (ses meilleures pages relèvent de ce que l’on appelle de nos jours le ‘nature writing’). D’autres publications, sur Redux ou ailleurs, permettront à l’avenir de les explorer.

La machine récalcitrante et autres fables sociales, par Adeline Knapp, OL’CHAP2, automne 2016 (trad. Leo Dhayer, couverture Jef Benech) Huit nouvelles inédites en français : Deux copains (Two chums, sketches from life), San Francisco Call, 7 août 1892. Le malade (The sick man, a fable for grown-up boys and girls), extrait du recueil One thousand dollars […]