Le moulin horloge, nouvelle de Georges Eekhoud

En préparant un prochain numéro d’OL’CHAP, je suis tombé sous le charme de la prose ensorcelante de l’écrivain belge Georges Eekhoud. Plutôt que de vous bassiner avec des considérations plus ou moins oiseuses ou éclairées sur cet écrivain et son œuvre (il y a des spécialistes pour ça, et ils ont bien travaillé), je ne résiste pas à l’envie de publier ici une courte nouvelle particulièrement frappante issue du recueil ‘Cycle patibulaire’ (1892), qui fit les délices de Rachilde et d’Oscar Wilde. Si vous ne connaissez pas cet auteur, il me semble que ce texte, poème en prose bien plus que nouvelle, peut constituer une porte d’entrée idéale à son univers autant qu’à son style. Prenez dix minutes, faites abstraction du reste et plongez. Vous ne le regretterez pas, et il se pourrait même que vous y preniez goût.

  Et le Verbe s’est fait Chair Je sais un moulin broyant aux infâmes le pain de l’expiation. Point d’ailes qui batifolent au vent salubre et frisquet des espaces. Rien du moulin à toit pointu comme un capuchon, par-dessus lequel les belles filles jettent leur blanc bonnet, — du moulin campé sur la butte ou la […]

Contre la mort et l’oubli, un rêve d’Arnyvelde

Rêvé d’Arny cette nuit. Il fallait bien que cela arrive, et d’une certaine manière, il est même étonnant que je ne l’aie pas fait plus tôt. Sans doute le fruit d’une longue maturation. Plus que le souvenir d’épisodes oniriques précis, il m’en reste ce matin une impression générale très vive, ainsi que quelques certitudes là où auparavant n’existaient que doutes, questionnements et interrogations. Couchons vite, alors que le monde est encore endormi et que le vent qui gémit sur la campagne normande semble m’en souffler à l’oreille les quelques phrases cahotantes et lapidaires, ces pauvres restes sur le papier virtuel avant que le jour ne les disperse.

  Dans un demi-sommeil qui semblait ne pas vouloir s’assumer comme tel, j’ai revécu les espoirs fébriles du post-ado qui couvrait de milliers de vers des pages éparses, se rêvant en homme de lettres et redoutant de ne pouvoir convaincre de sa vocation le brave père soucieux qui voulait faire de lui un homme de […]

Nécrologie de George Griffith, « dernier Anglais tombé à Azincourt »

Après avoir évoqué dans un précédent billet d’agit’prop le début de la carrière de George Griffith et sa vocation de globe-trotter, penchons-nous ici sur sa toute fin de vie que sa nécrologie, parue dans les colonnes du London Illustrated News, ne fait que résumer à gros traits.

  De nos jours, on appellerait cela un entrefilet – illustré par un portrait en médaillon, certes, ce qui nous permet de découvrir à quoi ressemblait l’auteur sur la fin de sa vie, mais un entrefilet tout de même. L’étoile de George Griffith avait il est vrai beaucoup perdu de son lustre lorsqu’il mourut prématurément, […]

Portrait de George Griffith en globe-trotter

On peut considérer l’écrivain anglais George Griffith (1857-1906) comme l’un des pères fondateurs de la science-fiction moderne, dans le sillage de Jules Verne, qu’il admirait, et un peu avant Wells, dont la gloire littéraire lui fit de l’ombre. Alors qu’à la faveur du mouvement steampunk on commence à lui en rendre justice en anglosaxonnie, il n’est que très peu connu en France et pour cause : aucun de ses romans n’y a été traduit. Seuls deux intrépides connaisseurs du genre (Marc Madouraud et Richard D. Nolane) ont salué son talent en rendant disponibles deux de ses nouvelles dans notre langue. À son tour, l’ours danseur voudrait faire en sorte que l’œuvre de ce précurseur attachant puisse être mieux connue par chez nous. Le plan de bataille est prêt. Outre la traduction au long cours (et en cours) des deux énormes volumes de sa saga de ‘L’Empire de l’Air’, un OL’CHAP lui sera consacré qui reprendra trois de ses nouvelles les plus représentatives. D’ici là, l’agit-prop’ va entrer en action et vous pouvez vous attendre à croiser souvent ce nom sur ce blog… Première salve avec la traduction de ce portrait de l’écrivain en champion des globe-trotters. Cette interview, parue dans la revue anglaise The Sketch, offre l’avantage de reproduire un portrait de Griffith jeune (et à ma connaissance non diffusé sur le net), ainsi qu’un aperçu détaillé de ce qui faisait l’ordinaire de ces aventuriers décidés à battre tous les records avec les moyens de l’époque.

Une course autour du globe Rencontre avec le champion des globe-trotters Il fallait s’y attendre, à notre époque où tout a tendance à aller de plus en plus vite, les globe-trotters, qui remplacèrent voici vingt ou trente ans les touristes à l’ancienne, devaient tôt ou tard être dépassés par ceux que l’on pourrait appeler les […]

Car les temps changent, Dominique Douay / Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes, Julien Campredon

Un duo qui s’impose, et pas seulement par ce que j'ai lu ces deux livres l’un derrière l’autre. Deux livres (et deux auteurs) fort différents dans leur projet, leur manière, leurs méthodes, et pourtant quelque chose qui les rassemble : comme une volonté assumée (quoique sans avoir l’air d’y toucher) de faire grincer le monde.

[Ceux qui se demandent le pourquoi de cette illustration musicale doivent lire le livre… Santé, Dominique !] Éditeur : Moutons électriques, Hélios Sortie : Avril 2014 ISBN : 9782361830786 Réveil, café, un nouveau jour. Avec la dose matinale de caféine, celle, concomitante, d’informations. La radio dégueule son ronron habituel. (Pourquoi espérer chaque matin un peu de neuf enfin ?) Election, […]