Aujourd’hui à poil, demain au fond du trou ?

Autant vous prévenir, vous ne trouverez cette fois-ci dans l’antre de l’ours ni belles images, ni infos rares, ni vieux machins séduisants, ni bidules oubliés. Comme 260 000 écrivains, compositeurs, scénaristes, traducteurs, plasticiens, photographes, sculpteurs, peintres, dessinateurs qui vivent de leurs droits d’auteur, l’ours en a ras la casquette de jouer les dindons de la farce. Vous voilà prévenus, ceci est un coup de gueule. Je sais, ce n’est ni drôle ni sexy, et les écrivains comme les artistes sont là, paraît-il, pour faire rêver, émouvoir, raconter de belles histoires, gnagnagna… Sauf qu’à force de leur rendre la vie impossible, c’est leur existence même qui – à terme – pourrait être remise en cause.

  Je vais parler boutique, histoire de clarifier les choses – qu’on me pardonne. Voilà dix-sept ans que je suis devenu traducteur littéraire professionnel et ne vis plus que des droits d’auteur que me rapporte ma plume. Jusqu’à il y a peu, je n’avais pas à me plaindre de mon sort. Bon an mal an, […]