Paul Bérato, portrait de l’artiste en écrivain populaire et homme généreux

Le tri de vieilles archives permet d’exhumer de précieux souvenirs. Celui de Paul Bérato, qui fut l’un des plus prolifiques et talentueux auteurs de littérature populaire de ce pays, occupe une place particulière dans ma mémoire.

  J’ai dû rendre visite deux ou trois fois à Paul Bérato (1915-1989), dans sa grande maison de Castelmoron-sur-Lot entourée d’un parc à l’abandon, alors qu’apprenti charpentier fraîchement arrivé dans la région j’entrais en contact par le biais de Michel Jeury avec les auteurs de SF du coin. Après une prise de contact épistolaire, je […]

La voie libre, notes de tourisme syncopé, Gus Bofa, 1947

Je n’achète pas de livres ruineux, j’investis dans l’essentiel. C’est ce que je me dis chaque fois que je sors des multiples couches protectrices d’un carton prometteur une petite merveille en plus ou moins bon état qui garnira mes étagères. Ce jour-là, j’étais heureux en ouvrant celui qu’un coursier inconscient du trésor qu’il convoyait m’avait remis sur le pas de ma porte. Et il y avait de quoi, jugez-en vous-même…

  L’évident génie de dessinateur de Gustave Blanchot (1883-1968) peut éclipser son talent d’écrivain, pourtant non moins éclatant. Pour preuve, ces quelques lignes, en guise d’avant-propos : « Ces notes ont été prises au hasard d’un long voyage, à l’aventure, que j’ai commencé quand j’étais tout petit, et que j’achèverai plus tard, quand j’aurai le temps. Elles […]

Auch ein Totentanz aus dem Jahre 1848, Alfred Rethel

C’est au hasard d’une recherche que je suis tombé sur cette ‘totentanz’ en six tableaux qui m’a immédiatement accroché l’œil. Au premier regard, j’y ai discerné plus que du talent, l’aile du génie semble planer sur cette cavalcade endiablée de la mort en terre révolutionnaire. Renseignements pris, il s’agit d’une pierre angulaire de l’art allemand, œuvre du peintre Alfred Rethel (1816-1859), marquant le renouveau du bois gravé teuton. C’est surtout un sommet, terriblement efficace parce que talentueux en diable, de propagande réactionnaire.

« PROLOGUE : Bourgeois et paysan, regarde bien ces feuilles, tu y verras une image sans voile, une triste image d’un temps triste. Plus d’un homme arrive à vous comme un nouveau sauveur, il vous parle de la puissance, de la prospérité qu’il prépare au peuple, vous le croyez, parce que son langage vous plaît ; mais voyez ce qu’il en est. »

« ‘Liberté, Égalité, Fraternité. Adieu les temps anciens, adieu !…’ Ces cris circulent de groupe en groupe dans les rangs du peuple. Le sein de la terre s’entrouvre, et il en sort un faucheur pour la moisson qui va se faire. À mesure qu’il s’élève sur le sol, des femmes se pressent autour de lui et […]

Car les temps changent, Dominique Douay / Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes, Julien Campredon

Un duo qui s’impose, et pas seulement par ce que j'ai lu ces deux livres l’un derrière l’autre. Deux livres (et deux auteurs) fort différents dans leur projet, leur manière, leurs méthodes, et pourtant quelque chose qui les rassemble : comme une volonté assumée (quoique sans avoir l’air d’y toucher) de faire grincer le monde.

[Ceux qui se demandent le pourquoi de cette illustration musicale doivent lire le livre… Santé, Dominique !] Éditeur : Moutons électriques, Hélios Sortie : Avril 2014 ISBN : 9782361830786 Réveil, café, un nouveau jour. Avec la dose matinale de caféine, celle, concomitante, d’informations. La radio dégueule son ronron habituel. (Pourquoi espérer chaque matin un peu de neuf enfin ?) Election, […]

‘Escape’, un tribute idéal au séminal ‘Asylum’ des LPD

Si je vous disais tout le bien que je pense de Jef Benech, vous m’accuseriez d’en rajouter et vous auriez tort. En plus d’être un ami cher, un homme de cœur et de conviction, un musicien talentueux, un graphiste doué et la cheville ouvrière du label discographique aventureux Mecapop, Jef est également devenu pour moi le complice enthousiaste et généreux sans lequel OL’CHAP ne serait pas ce qu’il est. Faute de pouvoir vous causer du projet sur lequel il travaille actuellement (chut ! c’est encore un secret…), vous lirez ci-dessous une rapide mais enthousiaste recension du magnifique album par lequel a débuté l’impeccable collection ‘Creatio ex materia’. ‘Partial’, direz-vous ? Certes, je ne le nierai pas. Mais objectif aussi. Et sincère.

  Le tribute musical à un artiste ou une œuvre est un exercice casse-gueule. Dans le pire des cas, on obtient un salmigondis indigeste bien vite sorti des mémoires (je ne citerai donc pas d’exemple) ; dans le meilleur, le tribute parvient à transcender son modèle et à s’ériger au rang d’œuvre à part entière […]

Pour une réhabilitation de la dame Ouida

Ange de bonté et femme incomprise pour certains, harpie scandaleuse et manipulatrice pour d’autres, Ouida (1839-1908) a suscité les opinions les plus diverses quant à sa personne. Son œuvre n’a pas été mieux lotie, la plupart des critiques de son époque raillant son style relâché et son manque de fiabilité tandis que de brillants esprits (parmi lesquels Max Beerbohm) la considéraient comme un écrivain de premier plan. Alors que dans le monde anglo-saxon un regain d’intérêt – notamment au niveau universitaire – semble s’esquisser la concernant, jamais elle n’a été à ce point oubliée dans notre pays. Plus de cent ans après sa mort, le temps pourrait être venu de tenter une réhabilitation de la dame Ouida, tout simplement pour rendre sa place à une grande artiste et à un jalon essentiel des littératures populaires.

  The Fine and the Wicked de Monica Stirling (Les inventions du cœur, Seuil, 1960), bien que documenté et fourmillant de détails et d’anecdotes pour resituer l’œuvre et l’auteure dans son époque, m’avait frappé par l’empathie suspecte manifestée à l’égard de Ouida – pas vraiment un gage d’objectivité. Le billet de blog dont on trouvera […]

En mémoire de Yal

À l’ouverture de ce blog, une grosse pensée pour Yal Ayerdhal.

  Alors que je réfléchissais à revenir m’agiter un peu au pays merveilleux de l’Imaginaire sous un nom d’emprunt, je l’avais contacté pour lui demander comment il avait fait lui-même pour choisir son pseudo. Nous ne nous connaissions pourtant qu’à peine, voisins de réseau et de syndicat, contacts occasionnels à travers le prisme déformant de […]

OL’CHAP 1, Bréviaire des nouvelles vertus, Arnyvelde

Totalement tombée dans l’oubli (ou presque), l’œuvre d’André Arnyvelde (1881-1942), journaliste, romancier, poète, dramaturge, philosophe (et j’en passe) mérite d’être remise à la disposition du lecteur d’aujourd’hui. Ce bréviaire fantasque de vertus nouvelles pour des temps nouveaux, pied de nez aux peine-à-jouir de tout poil, m’a semblé la première pierre idéale de ce travail de longue haleine.

Textes d’André Arnyvelde, illustrés par Henry Fournier, parus dans le magazine La vie parisienne en juillet et août 1938, couverture de Jef Benech, été 2016. Un chapbook, entièrement ‘homemade’, au demi-format A4, de 72 pages, avec couverture couleurs rempliée, reliure à la japonaise. 25 copies numérotées : INDISPONIBLE 3 copies d’auteur sur papier spécial : INDISPONIBLE Quelques […]

OL’CHAP 0, Un chien des Flandres, Ouida

Nouvelle traduction de ce classique de la littérature enfantine dans les pays anglo-saxons et asiatiques, totalement méconnu en France. Je ne pouvais rêver mieux que ce conte de Noël affreusement triste et délicieusement mélo pour lancer cette collection.

A dog of Flanders, Ouida, 1872, trad. Leo Dhayer, couverture de Jef Benech, printemps 2016. Un chapbook, entièrement ‘homemade’, au demi-format A4, de 72 pages, avec couverture couleurs rempliée, reliure à la japonaise. 17 copies numérotées : INDISPONIBLE 4 copies d’auteur sur papier spécial : INDISPONIBLE Quelques ‘ghost-copies’ sur papier ordinaire avec façonnage simplifié : INDISPONIBLE Galerie de […]

Le retour des morts, John Ajvide Lindqvist

Comme pour son précédent (et premier) roman, Lindqvist ne manque pas d’ambition, ce qui dans un registre tellement rebattu ne peut qu’être louable. Hélas, en soulevant une question que personne ne pose habituellement et en décidant d’y donner SA réponse, il condamne son livre à décevoir tous ceux à qui cette réponse ne convient pas tout à fait ou pas du tout.

Titre original : Hanteringen av odöda, 2005 Traduction : Carine Bruy Éditeur : Télémaque ; une édition en poche chez Pocket Sortie : Juin 2012 ISBN : 978-2-7533-0152-8   Déçu je suis d’être déçu à la lecture de ce livre. Le précédent m’avait suffisamment plu, malgré ses défauts – un premier roman, normal – pour me donner envie de suivre l’évolution […]