« L’ennemi, c’est la résignation »

C’est en substance ce qu’affirmait ce matin François Ruffin sur France Inter. Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec ma surprise, hier, en ouvrant l’enveloppe du RAAP/IRCEC qui m’attendait dans ma boîte aux lettres, de découvrir que nous n’étions que quatre ‒ QUATRE ! ‒ à nous être présentés pour le collège des écrivains et traducteurs littéraires à l’élection des membres du CA de notre régime de retraite complémentaire obligatoire.

Pour quatre postes à pourvoir (2 administrateurs titulaires, 2 administrateurs suppléants), quatre candidats, cela signifie que d’ores et déjà ces quatre candidats sont élus, soit en tant que titulaire, soit en tant que suppléant. Bonne nouvelle, direz-vous ? Non : exécrable et inquiétante nouvelle. Elle est le signe le plus tangible que nous nous désintéressons totalement de […]

S’engager pour ne pas crever

Je suis candidat à l’un des postes d’administrateur du RAAP (le régime de retraite complémentaire obligatoire des artistes-auteurs) dans le collège des écrivains et traducteurs littéraires. Les électrices et les électeurs – vous qui me lisez peut-être – reçoivent ces jours-ci le matériel électoral et pourront voter jusqu’au 8 décembre. Je dois vous expliquer pourquoi j’ai pris cette décision et en quoi il est important que vous votiez si vous le pouvez, ou au moins que vous participiez à diffuser l’information. Comme je nous sais tous très occupés, je serai bref… ou du moins j’essayerai.

Je suis comme vous : je n’ai qu’un goût modéré pour la paperasse et tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une institution. Lors des dernières élections au conseil d’administration du RAAP, j’ai dû jeter à la corbeille à peine l’avais-je reçu le courrier contenant le matériel électoral de ce régime de […]

Ce titre est tellement accrocheur qu’il va vous convaincre de passer deux minutes à lire ce qui suit

Pas envie de trouver un titre rentre-dedans, ni le chapeau futé qui va avec, susceptible d’attirer les regards monopolisés par des sujets ô combien plus affriolants. Je vais encore vous causer boutique. Croyez bien qu’il m’en coûte. Combien j’aimerais plutôt vous parler de Mary Fortune, avec qui je passe mes nuits ces temps-ci, de ces dix reliures du Illustrated London News remplies de gravures plus superbes les unes que les autres que je viens d’acquérir à vil prix, du panard géant que je prends à finaliser ces temps-ci Le Novelliste, cette nouvelle revue qui m’occupe l’esprit à m’en faire perdre le sommeil. Vous voyez ce rectangle gris à gauche de l’écran ? Habituellement, les huit carrés qui le composent s’ornent d’aperçus d’illustrations des derniers sujets traités sur ce blog. Voilà sept carrés qu’il y eut une interruption volontaire de l’image mais pas du son. Sept carrés que je m’astreins à mettre sous le boisseau mes sujets de prédilection naturels pour vous faire part de mes inquiétudes, colères et revendications à propos du métier que j’exerce encore, et que d’autres demain n’auront peut-être plus la chance d’exercer. Rassurez-vous, il ne reste qu’un carré à remplir de gris. Ensuite, l’image reviendra accompagner le son. Je continuerai à militer pour la cause des auteurs tant que j’en aurai le courage, mais ce sera ailleurs qu’ici. Dans cet antre privé, j’en reviendrai à mes moutons, ceux qui bêlent à tout va que la vie est belle, que les livres sont beaux, et que seul importe le plaisir partagé à les écrire et à les lire.

Lorsque je suis devenu traducteur littéraire après bien d’autres détours professionnels, je ne me suis pas posé de questions. J’avais un savoir-faire, un éditeur proposait de me rémunérer pour l’exercer, il paraissait possible d’en vivre en ne ménageant pas sa peine, le reste importait peu. Je me suis donc mis à l’ouvrage, et lorsqu’est venu […]

Leo Dhayer ? C’est qui, ce gonze ?

Qu’est-ce qu’une notice bio, sinon un exercice exhibitionniste ? Et les tentatives de contournement n’y changent rien : la drôlerie forcée devient vite pitoyable, la concision énigmatique vous semblera hautaine, et la prolixité facétieuse insupportable. En désespoir de cause et puisque la chose semble indispensable, tentons l’approche la plus factuelle.

Je suis né, animal humain de sexe masculin, au début des années soixante du vingtième siècle. Fasciné par l’écrit et le monde du livre dès l’instant où un poche de Guy des Cars m’est passé entre les mains (on ne choisit pas ses entrées dans la vie), j’ai exercé divers métiers (charpentier, photocompositeur,  graphiste-rédacteur), avant […]