Kokkerjo, prose plastique de Georges Eekhoud

L’ours s’en va danser ailleurs. Il reviendra hanter cet antre au printemps officiel et vous laisse en attendant, comme de coutume, un peu de lecture. Après l’ambiance quasi-kafkaïenne du ‘Moulin-horloge’, après le supplice presque sulpicien d’un condamné à mort que n’aurait pas renié Genet (‘Tante Marie’), terminons cette incursion dans les formes courtes de cet écrivain belge par une facette plus riante ‒ et même truculente ‒ de son talent. Ce texte, pas véritablement une fiction ni tout à fait un article, ressuscite pour conjurer le melon que pourrait prendre l’artiste immortalisé dans le cadastre de son vivant une vieille tradition de l’art flamand : la provocation excrémentielle. Le musée de Flandre, qui expose en bonne place le superbe chieur reproduit dans le corps du texte, commente à juste titre sur son site : « Ces saynètes peuvent paraître d’un humour déplacé, légèrement cru et manquant de finesse. Mais les images cachent le sens et la symbolique des mots. En effet, cette thématique recèle une subtilité. Dans la culture flamande, l’expression : ‘Uit schijten’ c’est-à-dire : ‘action de fienter’ signifie également : ‘railler’. Nous abordons ici une dimension moralisatrice, le chieur est non seulement un moyen de se moquer de la nature humaine mais il permet aussi de replacer l’Homme à sa juste place : nous sommes tous égaux, de passage sur terre. »

  Helmet ! Un coin de Schaerbeek, mon vieux faubourg laitier et maraîcher (1), en passe de devenir la plus urbaine des cités. Ces lieux présentèrent longtemps une zone excentrique, à la fois fruste et vivace, un capricieux entrecroisement de ve­nelles savoureuses, réunissant tous les spécifismes de la banlieue flamande de Bruxelles, telles qu’on ne les […]

OL’CHAP 2, La machine récalcitrante, Adeline Knapp

Adeline Knapp (1860-1909), journaliste, activiste et romancière américaine, n’est restée dans les mémoires que pour de mauvaises raisons (sa liaison orageuse avec la militante féministe Charlotte Perkins Gilman, notamment) et n’a jamais été traduite dans notre langue. C’est ce manque que se propose de réparer ce numéro d’OL’CHAP, en mettant à la disposition des lecteurs français quelques-unes des nouvelles représentatives de sa première manière : sociale, revendicative et réformatrice. Loin de se cantonner à la littérature engagée, la dame avait bien d’autres facettes (ses meilleures pages relèvent de ce que l’on appelle de nos jours le ‘nature writing’). D’autres publications, sur Redux ou ailleurs, permettront à l’avenir de les explorer.

La machine récalcitrante et autres fables sociales, par Adeline Knapp, OL’CHAP2, automne 2016 (trad. Leo Dhayer, couverture Jef Benech) Huit nouvelles inédites en français : Deux copains (Two chums, sketches from life), San Francisco Call, 7 août 1892. Le malade (The sick man, a fable for grown-up boys and girls), extrait du recueil One thousand dollars […]