Georges Eekhoud, écrivain de la ferveur, par Émile Verhaeren

Voilà trop longtemps que l’antre de l’ours danseur est resté vide pour cause de suractivité chronique. La sortie récente de l’anthologie ‘Quand l’amour déraille’ chez Flatland offre à l’ursidé dansant le prétexte tout trouvé pour sortir de son hibernation laborieuse. L’occasion de sortir des greniers numériques et de dépoussiérer quelques morceaux affriolants au sujet des quatre auteurs réunis dans cet ouvrage. Comme dans l’antho, c’est de Georges Eekhoud dont il sera d’abord question, avec un texte fort pertinent (pour qui connaît l’œuvre d’Eekhoud) de son ami Émile Verhaeren.

  ‘L’œuvre de Georges Eekhoud’, de Maurice Bladel, paru à la Renaissance d’Occident (Bruxelles) en 1922, ne manque certes pas d’intérêt pour qui veut s’initier à la vie et à l’œuvre du chantre de la Campine anversoise. Même si l’auteur n’échappe pas aux pièges de l’hagiographie, le livre fourmille en effet de détails biographiques sans […]

Terreur dans les airs, Thomas Hood, 1821

Le court récit que vous allez lire a ceci d’intéressant qu’il doit être l’un des premiers – sinon le premier – à avoir exploré outre-Manche les possibilités dramatiques offertes par le développement de l’aérostation. Il précède de trente années ‘Un drame dans les airs’, l’une des premières nouvelles du jeune Jules Verne, et si rien ne prouve que celui-ci en eut connaissance, on ne peut que noter certaines similitudes d’inspiration. William Pattrick, qui fait figurer ‘Terreur dans les airs’ en ouverture de son anthologie ‘Mysterious air stories’ (1986), explique qu’il fut publié à Londres « dans les premières années du dix-neuvième siècle, quelque temps après que Vincenzo Lunardi ait effectué le premier vol en ballon depuis le sol anglais, à Chelsea, en 1784. L’intérêt du public pour l’aérostation attira l’attention de Thomas Hood (1799-1845), écrivain satyrique merveilleusement inventif, qui connut en 1821 un grand succès en publiant ce texte dans les colonnes du London Magazine. En dépit de ses problèmes de santé et de sa difficulté à joindre les deux bouts, il avait pour se documenter risqué sa vie lors de plusieurs ascensions en ballon avant de rédiger ce conte. »

  Je tiens l’histoire suivante de la bouche même d’un célèbre aéronaute, qui me l’a confiée à peu près dans les mêmes termes. J’ai effectué plusieurs ascensions depuis Vauxhall. Lors de l’une d’elles, un gentleman du nom de Mavor devait m’accompagner dans cette petite excursion aérienne. Le moment venu, cependant, ses nerfs durent le trahir, […]

Hommage au dessinateur inconnu…

… qui permit, voilà plus de 110 ans, au Novelliste de trouver l’image de couverture qu’il lui fallait pour son premier numéro. Dans la précipitation du bouclage, celle-ci n’est pas sourcée en bonne et due forme là où il l’aurait fallu. Rendons par conséquent au ‘Petit Journal’ ce qui appartient à l’artiste talentueux que cette éminente publication début de siècle n’a pas jugé utile de créditer.

  C’est à la dernière page du supplément illustré du Petit Journal daté du dimanche 12 février 1905 (n° 743) que l’on trouve l’image en couleurs sous-titrée « L’agitation russe à Paris : explosion d’une bombe avenue de la République ». Il faut en revanche aller chercher en page 2 (numérotée 50) la notule relatant ces événements explosifs, qui […]

Mise en chantier de ‘L’Arche’ d’André Arnyvelde

Le chantier du Novelliste #01 bel et bien achevé s’ouvrent déjà ceux qui devront trouver leur achèvement dans le premier semestre de l’année prochaine. Parmi ceux-là, il en est un qui me tient particulièrement à cœur : la réédition de ‘L’Arche’, le grand-œuvre lyrique et jubilatoire d’André Arnyvelde, écrit dans les tranchées de 14, paru en 1920, et qui fut cette année-là parmi les finalistes du Goncourt. Cela commence comme un chant d’amour à une femme, Henriette Sauret, compagne des jours de paix, et cela se poursuit, sous la conduite de la figure fantasmée de l’Arcandre, comme une déclaration d’amour à l’univers, à la vie, à la joie, au bonheur d’exister. Pour résister à la géhenne guerrière et croire encore qu’il y aurait un lendemain, à un homme, à un écrivain tel que celui-ci il fallait bien cela. Toutes proportions gardées et sachant que tout oppose ces deux auteurs, ‘L’Arche’ est à Arnyvelde ce que ‘Les poulpes’ sera, au conflit suivant, à Raymond Guérin.

  En attendant avril 2018 et la sortie, donc, de cette nouvelle édition (la troisième, après l’originale en 1920  à la Société mutuelle d’édition, puis la première réédition par Pierre Versins au club Futopia en 1961) commencent les travaux préparatoires lancés par la découverte fortuite, le week-end dernier, de l’image qui illustrera la couverture. Il […]

Un antre numérique pour Le Novelliste

Le numéro #01 du Novelliste sera mis en vente cette semaine, le vendredi 8 décembre, mais d’ores et déjà il est possible de s’en faire une idée en visitant le site sur lequel la revue sera commercialisée (description, photos et extrait en PDF). Les curieux pourront également y prendre connaissance du contenu des deux prochains numéros et des projets associés du Novelliste pour l’année 2018. Une adresse à retenir, en somme.

  C’est ici que l’on entre dans l’antre. L’année 2018 commencera pour le Novelliste par la parution, en février, d’une anthologie thématique intitulée Quand l’amour déraille. Au programme, noires romances et mélos d’enfer signés Georges Eekhoud, May Sinclair, Lucie Delarue-Mardrus, Jules Lermina et Émile Masson. En avril suivra la réédition de L’Arche (1920), le grand […]

Le Novelliste #01 : compte à rebours enclenché

L’équipe est affairée. On peaufine les derniers détails, retouche les ultimes pétouilles, rectifie les coquilles retorses, corrige les erreurs sournoises, remanie le chemin de fer, complète l’ours… Le premier numéro du ‘Novelliste’ sortira bien comme prévu en novembre. Quant à vous annoncer une date précise…

  Il se pourrait (nous faisons tout pour cela) que quelques exemplaires soient disponibles aux Rencontres de l’Imaginaire à Sèvres le 26 novembre. Mais comme il est hors de question de sacrifier la qualité du produit final uniquement pour respecter une date symbolique, aucune garantie ne peut être donnée. S’il faut attendre début décembre pour […]

Le point sur la sortie du premier numéro du Novelliste

L’ours danseur serait-il entré en hibernation précoce ? Ceux que la question intéresse se la posent peut-être en ne voyant plus les pages de ce blog régulièrement alimentées. La réponse est non. L’ours n’hiberne pas et n’est pas près de le faire cette année. Il bosse, et quasiment tout ce que son gagne-pain lui laisse de temps libre passe à la concrétisation de cette utopie un peu folle : la création d’une nouvelle revue. Le premier numéro du Novelliste, encore en chantier, n’a cependant jamais été aussi près de voir le jour. Revue de détail ci-dessous.

  Périodicité ? C’est décidé, Le Novelliste sera semestriel et paraîtra chaque année aux jolis mois de mai et novembre. La parution d’un roman à suivre imposait en effet une périodicité suffisamment rapprochée pour que les lecteurs ne désespèrent pas d’en connaître un jour la fin. D’autre part, une parution plus rapprochée était inenvisageable (deux numéros […]

La porte, nouvelle de Jules Lermina

Le fantastique de Jules Lermina est un fantastique cérébral, subtil, tout en distorsion de perceptions sensorielles des plus banales, amenées à un point d’incandescence dans le creuset de l’angoisse et de l’imagination. C’est particulièrement net dans cette nouvelle. Dans la préface qu’il donnera au recueil en volume de ces nouvelles fantastiques, Jules Clarétie raconte : « Quand j’ai débuté, mes premiers récits ont été des contes fantastiques. On les retrouvait dans la collection du Diogène où nous fantastiquions à qui mieux mieux, le poète Ernest d’Hervilly, le romancier Jules Lermina et moi. Edgar Poe était notre dieu et Hoffmann son prophète. Nous étions fous d’histoires folles. C’était le bon temps. »

  Ayant pris part à un dîner d’amis, en l’honneur de je ne sais quel anniversaire, il était sorti du restaurant, la tête troublée, un peu ivre peut-être ; non qu’il fût gros buveur, mais, nerveux, fébrile, il se grisait de bruit encore plus que de vin. Une voiture passait, vide. Il héla le cocher, lui […]

Jack London, l’homme qui savait parler aux éditeurs

Ce n’est pas que je veuille donner le mauvais exemple aux auteurs ayant gentiment accepté d’essuyer les plâtres du premier numéro du Novelliste (ni à ceux qui, je l’espère, les imiteront bientôt), mais la chose me fait trop rire pour que je la garde dans un coin de mon disque dur.

  « Et cette nouvelle que nous annoncions dans le numéro d’automne ? » s’inquiète l’associate editor du Century, dans une lettre adressée à Jack London le premier mars 1905. « Nous travaillons à présent sur les numéros de l’été et souhaiterions disposer d’une histoire, de quatre à cinq mille mots de préférence, dans votre meilleur style. Auriez-vous l’amabilité […]

Le Novelliste : au sommaire du premier numéro

L’acte de naissance du Novelliste ayant soulevé plus d’intérêt et de réactions que ne l’avait prévu son initiateur, les choses sont allées très vite. Dans le respect des intentions originelles, l’identité autant que les moyens et les ambitions de cette nouvelle publication se précisent. Revue ? Magazine ? Anthologie permanente ? Le sujet n’est pas encore tranché, mais d’ores et déjà le contenu du premier numéro est arrêté. Revue de détail ci-dessous.

  Comme annoncé ici-même, Le Novelliste se consacrera essentiellement à la publication de nouvelles, pour moitié écrites par des écrivains d’aujourd’hui, et pour l’autre moitié par des auteurs (principalement anglo-saxons mais pas que) représentatifs de « l’âge d’or des conteurs ». Sur le même principe (moitié hier, moitié aujourd’hui), on trouvera également dans le Novelliste des articles, […]