L’urgente et nécessaire réhabilitation d’un géant négligé

Une figure tutélaire de la science-fiction. Une œuvre forte et séminale mais très peu lue. Un écrivain admiré de ses pairs mais qui eut bien du mal à vivre de son art. Son entrée dans le domaine public, en 2021, pourrait fournir l’occasion d’une urgente et nécessaire réhabilitation. Pour peu qu’une fausse bonne idée en cours d’émergence dans le milieu des auteurs ne vienne pas remettre en cause les règles du jeu en matière d’œuvres accédant au domaine public.

  « Il était l’un des penseurs les plus créatifs de notre temps. Son influence sur la philosophie et la science-fiction est incalculable. » (Greg Bear) « Ses visions d’avenir demeurent source d’émerveillement. » (Arthur C. Clarke) « C’est tellement magnifique que c’en est presque insoutenable. » (Brian Aldiss) « Ses œuvres visionnaires constituent une source vive d’idées spéculatives éblouissantes. Lecteur de science-fiction […]

Y’a-t-il un pilote à la Culture ?

La nomination de M. Riester à la tête du ministère de la Culture est passée relativement inaperçue, et ce n’est que justice. Non pas en fonction de la personnalité du nouveau ministre ou de son background. Il a vendu des bagnoles, et alors ? D’autres, au même poste, ont fait preuve de leur incompétence et de leur manque de vision alors qu’ils pouvaient se targuer d’une expérience dans le domaine. C’est bien plutôt son accointance avec la dévastatrice aventure Hadopi qui devrait inquiéter les artistes-auteurs de ce pays.

  Une autre info incite cependant à relativiser l’importance que pourrait avoir cette nomination. Claire Chazal « aurait » refusé le ministère de la Culture, ont fait savoir plusieurs organes de presse, avant que l’intéressée ne démente, bien évidemment. Ce qui signifie donc qu’on le lui « aurait » proposé. Inimaginable ? Non, j’imagine très bien, au contraire, une passation […]

Quel roman pour succéder à ‘Hartmann l’anarchiste’ ?

Qui pour succéder en 2019 à ‘Hartmann l’anarchiste’ en tant que roman à suivre dans les colonnes du Novelliste ? Grave dilemme. Après moult réflexions, le factotum en chef de la revue est arrivé à un trio de tête qu’il n’arrive pas à départager : ‘The inheritors’ (1901) de Joseph Conrad (1857-1924) et Ford Madox Ford (1873-1939) ; ‘A honeymoon in space’ (1901) de George Griffith (1857-1906) ; The air trust (1915) de George Allan England (1877-1936).

Tous trois, dans des registres très différents, sont très tentants à traduire et ont la longueur et la structure requises pour être scindés en trois publications successives. Chacun, à sa manière, réprésente un jalon des littératures de l’imaginaire au début du vingtième siècle. The inheritors est sans doute le plus étrange, autant parce qu’il témoigne […]

Le Novelliste #02 sera en vente début septembre

Manque de temps, avalanche de contretemps : Le Novelliste est victime, pour la sortie de son prochain numéro, des maladies infantiles de toute revue qui se crée avec beaucoup d’enthousiasme et peu de moyens. En attendant, paraît-il, quelques lectrices et quelques lecteurs s’impatientent, voire s’inquiétent… Qu'ils soient rassurés, avec nos plus plates excuses. Le Novelliste #02 sortira de l’imprimerie fin août et sera mis en vente sur le site dédié le lundi 3 septembre. Quant au sommaire du numéro 3, il est déjà bouclé et nous commençons à y travailler ‒ j’ose dire « nous », car une équipe se constitue petit à petit autour du noyau initial, ce qui devrait à l’avenir limiter les retards. Pour faire patienter les foules aussi innombrables que fébriles, voici déjà la couverture définitive et le sommaire détaillé de ce numéro 2, ainsi qu’un aperçu de celui du numéro 3.

  Au sommaire du Novelliste #02, septembre 2018 Vous avez dit ‘pulp’ ? blabla liminaire de Leo Dhayer, illustré par Heinrich Kley. V.A.M.P.I.R.E. (Vous Avez Même Pas Intégré Roll Eichner), nouvelle de Christian Vilà, illustrée par Thierry Cardinet. Cherchez la femme ! (1917), nouvelle de Carolyn Wells, traduite par Noé Gaillard, illustrée par Frederic Dorr Steel. Mes […]

Auteurs, lecteurs : le livre doit rester notre avenir commun

Les nuages s’amoncellent à l’horizon 2019 sur le devenir du statut social des artistes-auteurs. Face à la menace, branle-bas de combat, même si les zautorités font souvent la sourde oreille et que l’action syndicale doit se mener contre vents du scepticisme et marées de l’indifférence. Le 21 juin est organisée au ministère de la Culture une réunion de travail avec les services ministériels concernés à l’issue de laquelle les représentants des syndicats d’artistes-auteurs rendront compte de ce qui leur aura été annoncé. Un rassemblement est organisé pour les écouter et les soutenir. Les auteurs tout autant que les lecteurs présents à Paris ce jour-là peuvent et doivent se sentir concernés et se rendre place Colette.

Auteurs, lecteurs : le livre est notre bien à tous, il doit rester notre avenir commun ! Pour défendre et représenter les auteurs, on n’a pas encore trouvé mieux que le syndicalisme. Chaque année, le SELF accompagne les auteurs qui l’interpellent pour la défense de leurs droits et les représente auprès des éditeurs et des partenaires sociaux. […]

Roll Eichner et Dorcas Dene… à suivre dans Le Novelliste

‘Le Novelliste’ voulait son feuilleton, ‘Le Novelliste’ en aura deux ! Rien à voir avec le roman à suivre, dont la formule devrait perdurer au-delà du numéro trois, avec des ouvrages de référence dans nos domaines de prédilection mais n’ayant jamais été traduits dans notre langue. Les deux feuilletons du ‘Novelliste’ seront au sommaire chacun à tour de rôle, à partir du numéro 2 à paraître fin mai. Et pour remplir cette mission, la revue s’est assuré le concours de deux détectives de choc !

Le premier, Roll Eichner, est né sous la plume de Christian Vilà, en hommage à l’un de nos derniers auteurs littéralement pétris de littérature populaire du vingtième siècle : Roland C. Wagner. Aidé de sa fidèle collaboratrice Sinsé, fée clochette virtuelle (autrement dit I.A.) apte à se glisser sur tous les réseaux aussi bien que dans […]

Au sommaire du prochain Novelliste

À présent que le chemin de fer est dûment constitué, le numéro deux du ‘Novelliste’ est sur les rails – plein comme un œuf, plus encore que le premier. Faute de pouvoir pousser les murs (le nombre de pages reste identique) il a fallu canaliser l’éloquence de l’éditorialiste, réserver les versions longues des bio-bibliographies des artistes et auteurs au site internet, et réduire le corps (des textes de non-fiction uniquement, rien ne bouge pour les nouvelles). Résultat : 100 000 signes de lecture supplémentaires et davantage d’illustrations, pour le même prix.

  Quelques beaux rendez-vous au programme : la longue novella de Lyon Sprague de Camp (plutôt un court roman), Les roues de la fortune, délicieuse friandise pulp aux arômes d’uchronie et d’univers parallèle ; les huit images splendides du port-folio de Fred T. Jane, Soupçons d’avenir, en complément de ses illustrations pour la deuxième livraison de Hartmann […]

Extension du domaine des critiques de bistrot du commerce

Une page entière de la prestigieuse revue ‘Bifrost’, référence de la SF hexagonale. Fichtre ! ‘Le Novelliste’, pour la sortie de son premier numéro, a de quoi s’estimer gâté… Calmons-nous, car le chroniqueur – Gilles Dumay himself – n’a pas aimé et le fait savoir à sa manière habituelle, par une entreprise de démolition en règle. C’est parfaitement son droit. Ce qui pose question, c’est la façon de faire et ce que véhicule le reproche principal assené par le péremptoire critique : ‘Le Novelliste’ serait – selon lui – une revue vieillotte, et même une revue pour vieux, fans d’illustrés poussiéreux oubliés au grenier. C’est donc une tare ? Apparemment, c’en serait une à ses yeux. Et c’est bien là qu’est l’os.

  Certes, il n’est jamais plaisant de découvrir une critique négative, mais là n’est pas le problème. L’objet de ce billet n’est pas, pour un rédacteur en chef meurtri dans son amour-propre, de venir se plaindre d’avoir été mal compris, ou mal jugé. Gilles Dumay n’a pas aimé ce qu’il a lu ni ce qu’il […]

Discours de paix (censuré) d’Émile Masson aux enfants et adolescents de Bretagne (1917)

En juillet 1917, Émile Masson, professeur d’anglais, écrivain, journaliste, anarchiste et activiste de la cause bretonne, s’apprête à délivrer un discours de fin d’année aux élèves du lycée dans lequel il professe. On ne le laissera pas le prononcer et l’on comprend pourquoi, en lisant ce texte longtemps demeuré égaré, il était urgent de le faire taire alors que la plus stupide de toutes les guerres faisait encore des ravages dans les rangs de la jeunesse. Ce vibrant plaidoyer pour la paix et pour une société basée sur d’autres valeurs donne en tout cas une idée fidèle de l’homme (et du pédagogue) que fut Émile Masson. C’est aussi une bonne manière de clore, par un message toujours actuel car hors du temps, ce petit tour d’horizon de quatre auteurs intègres, courageux et attachants, qu’il est urgent de continuer à éditer et à lire.

  Mesdames, Messieurs, chers élèves. La guerre doit être l’objet de mon dernier entretien de l’année avec vous. Eussé-je été tenté de ne point vous parler de la guerre, eussé-je pu de toutes mes forces, souhaiter ne point vous parler de la guerre, comment échapper à l’impitoyable nécessité ? Depuis trois années révolues une seule pensée […]

Une bibliothèque par quartier, par Jules Lermina (1861)

Ne nous laissons pas abattre, il me reste pas mal de vieilleries poussiéreuses et dégageant une forte odeur de vieux papier (voire de naphtaline) à vous mettre sous les yeux. Par simple plaisir de vieillard monomaniaque ne vivant que dans le passé ? Pas vraiment, car comme on le verra avec le document reproduit ci-dessous, parfois les vieux textes nous ramènent à des réalités du temps présent. Ainsi de ce libelle du camarade Lermina préconisant la création de bibliothèques dans les quartiers de Paris, dont il peut être utile de se souvenir en un temps où les impératifs d’une idéologie tout droit venue du dix-neuvième siècle (ce « libéralisme » qui n’est qu’un cache-sexe pour l’ultra-capitalisme dérégulé) font que les budgets consacrés à nos bibliothèques d'aujourd'hui baissent régulièrement (cf. article en lien au bas de cette page). Lorsqu’il le rédige, le jeune Jules ‒ il n’a que 22 ans ‒ est journaliste et n’a encore écrit aucune des œuvres qui feront de lui un grand romancier et novelliste populaire à la production pléthorique. Cet engagement précoce dans la vie de la cité ne le quittera cependant jamais, car outre ses engagements politiques très marqués à gauche, il restera jusqu’à sa mort un syndicaliste attaché notamment à défendre les droits des artistes et des auteurs.

  I — DU DÉSIR D’APPRENDRE Depuis quelques mois, on a beaucoup dit et écrit contre les Brochures ; et en vérité, nous nous étonnons d’un déchaînement à notre avis inopportun et nous regrettons qu’une aussi inconcevable animosité se soit élevée contre cette forme littéraire Et ce qu’il y a de plus étrange, c’est que ceux-là […]